LE MANIFESTETournée

14 mars 2017

Damien Saez était le mardi 14 mars 2017 à Amiens, une date de live qui reste souvent dans les têtes car l’ambiance est vraiment au top dans cette salle et cette ville. On va y retrouver de sublimes chansons et interprétations, avec en plus une petite scène cocasse car malgré l’alarme qui va se déclencher à la fin du show, la musique va poursuivre son chemin.

Un nouveau tableau va apparaître sur cette date, intitulée « Tu m’emmènes » avec encore l’actrice Ana…

Les abonnés au Manifeste peuvent retrouver la vidéo sur le site culture contre culture.

tu-m-emmenes

Tu m’emmènes ?

La poésie tu l’as où tu l’as pas, alors quand tu l’as pas, ben faut être les autres…
Puis surtout faut savoir prendre les trains, puis surtout faut savoir pas s’gourer d’train, parce qu’y a des trains qui s’arrêtent plus et toi tu voudrais descendre parce que t’as vu qu’le paysage par la fenêtre il t’plaît plus, y a plus l’horizon, et moi, moi, ben moi j’peux plus descendre ou alors faudrait se j’ter. J’vais d’wagon en wagon et y a c’putain d’train qui s’arrête pas…
Alors j’me jette dans des bras, dans des bras qui m’aiment, ha faut les voir comme ils m’aiment, ils font gerber comme ils m’aiment, parce que moi j’m’aime pas…
Et moi j’suis comme ça, j’y peux rien
J’l’ai pas la poésie, et pourtant comme je l’aime.

Y a celles qui l’ont pas mais qui savent la lire et la suivre.. et puis y a les comme moi qui suivent les terre-à-terres, les vents qui mènent à rien.
ça manque de rêve putain tout ça, putain comme ça manque de rêve,
c’est bizarre d’être dégoutée… dégoutée à vingt ans putain…
Ils m’aiment trop…
On m’a beaucoup trop aimée dans ma vie.
Et les seules fois où j’ai vraiment aimé, on m’l’a pas rendu… ça donne pas trop envie d’aimer.
J’ai plus envie d’toutes façons, j’ai plus envie d’aimer.
Tout c’que j’ai eu entre mes putains d’jambes…
J’ai compris l’mal que ça f’sait.
Puis là j’en ai un comme toujours, j’peux pas l’quitter, j’peux pas lui faire du mal parce que je sais c’que c’est que d’avoir mal.
alors j’les laisse m’offrir des trucs, j’les laisse tuer ce putain de temps qui m’angoisse…
J’suis pas malheureuse, mais putain qu’est-ce que j’suis pas heureuse.

Tu vois les histoires c’est dur quand c’est profond, c’est un peu comme le cul en fait…
Alors j’préfère plus rien ressentir.

Putain les nuits où j’ai prié dieu de pas avoir rencontré l’enfer… pour plus ressentir cette horreur au fond, pour qu’on m’épargne enfin … faudrait s’préserver sans s’préserver en fait …
C’est beau d’tout donner mais ça fait trop mal putain, quand on est comme une vieille pute laissée sur un trottoir
quand on ressemble en l’espace d’un fragment de seconde à la mort.
Elle me l’a dit la mort, elle m’a dit attention c’est pas loin…
putains d’médocs, putains d’rasoirs, c’est ça aimer ? c’est s’faire taper dessus, aimer ? c’est frapper l’autre et vouloir qu’il meurt, aimer ? C’est ça putain aimer, être tellement déchirée qu’on voudrait qu’tout s’arrête, être tellement, infiniment arrachée dans l’âme qu’on veut même plus recoudre son âme à son corps, qu’on sait plus respirer, qu’on veut juste couper définitivement, couper et faire le deuil, le deuil de sa propre vie putain…
comment j’ai pu m’gourer autant…
J’me suis mariée à Vegas… ben ouais parce que les filles comme moi on les marie pour de faux, et puis ben comme les filles comme moi valent pas mieux que des mariages en bois, ben elles acceptent, histoire de se dire qu’elles auront bien pourri le rêve de cette pute de princesse dans sa putain d’robe blanche, j’lui pisse dessus à la putain d’princesse, puis sa robe j’lui fous dans l’cul.

Une putain d’blessure voilà c’que j’suis, une putain d’blessure.
Voilà j’suis comme toutes les connes qui parlent à des webcams, qui parlent aux satellites, en s’disant que p’t’être là-bas y’aura un anonyme ou un truc qui viendra m’sauver, qui m’écoutera pleurer.
Mais y’a personne. La bouteille, elle est perdue dans des vagues qu’ont pas de rivages.

J’m’en irai un jour, un matin ou un soir,
je partirai c’est sûr.
Loin des autres,
pour les plaines, pour voir dieu,
il m’aime bien dieu, je sais qu’il m’aime bien.
puis j’irai voir Suzanne, et puis New-York aussi,
j’me ferai enlever mon tatouage à New York, j’me ref’rai une nouvelle peau, une peau toute neuve rien qu’pour moi.
J’ai déjà vécu mais tu sais pas comme mon cœur bat, il bat comme si il v’nait de naître,
puis c’est quoi être libre? Etre libre c’est partir, juste partir,
tu sais pas pour où, tu sais pas avec qui, un train, un bus, un mec,
puis surtout tu reviens jamais…
r’garde moi ces merdes sur les routes dans leurs corbillards roulants, putain ça sent la mort.
J’m’en irai un jour, j’m’en irai,
loin de tout ça, de ces merdes qui m’entourent,
putain d’famille, putains d mec, putains d’putains que j’me tape
le rien, la merde, le vide…
putain ils m’font rire…
j’frai du stop pour m’taper des routiers ouais…

tu veux qu’on baise ?…
un mec ça veut toujours qu’on baise….

moi j’m’en fous.
j’peux crever j’m’en fous.
J’ai trop morflé. Ils ont trop pris mes reins, trop pris mes reins, trop pris putain.
des coups de marteaux dans les reins…
faut souffrir pour être belle, moi j’dis qu’c’est surtout quand t’es belle que tu souffres…
pathétique….
c’est le sacre du printemps
le sacre de mon cul ouais,
j’ai envie d’vivre… putain comme j’ai envie d’vivre…
tu m’emmènes ?
ou si tu veux c’est moi qui t’emmène.

Chansons jouées lors du concert à Amiens 2017 :

L’humaniste
Les enfants paradis
L’oiseau liberté
Fin des mondes
Les échoués
Betty
Messine
Je suis
Mon terroriste
Des p’tits sous
Into the wild
Lettre apolitique / Lettre à politique
Marianne
Fils de France – Au bar-tabac
J’accuse
Pilule
Cigarette
Peuple manifestant
Rue d’la soif
Bonnie
Tous les gamins du monde
Jeunesse lève-toi
J’veux qu’on baise sur ma tombe
Châtillon-sur-Seine
Que tout est noir
[Alarme]
Tu y crois